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LE NOIR (TE) VOUS VA SI BIEN – Les + de la rédac

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César 2013 – Vidéo de présentation

Le Noir (te) vous va si bien

J’ai eu le privilège de voir “Le Noir (te) vous va si bien”, le film de Jacques Bral, et dans ma tête, il y a eu un déclic. Le déclic qui s’opère, par la force des choses, devant l’évidence.

Sur l’écran, j’ai vu un père oriental dépassé par les événements dans un pays occidental. Non parce qu’il est bête, loin de là. Mais parce que le monde occidental, avec ses règles absurdes, ne tient pas compte du monde oriental, alors que l’Occident aurait tout à apprendre de l’Orient.

Ce père, immigré, déraciné, confie son désarroi à son fils, qui est davantage intégré, car il est né en Occident. Il lui demande conseil, il lui demande de l’aide.

Pourtant, le fils, un jeune d’aujourd’hui – iPhone, travail, fiancée – interprète mal les intentions de son père et cela tourne au drame.

Pendant que je regarde défiler le générique de fin, je me dis : “Pourquoi, malgré les bonnes intentions de tout le monde, il y a toujours une victime à la fin ?” Ici, c’est Cobra, une jeune femme qui veut vivre libre, cheveux au vent. Encore une femme. Toujours elles.

Inutile de se voiler la face. Tous les hommes, aux quatre coins du monde, savent pourquoi. Parce que même si en apparence, au 21e siècle tout a changé, au fond rien n’a changé. Tant que les hommes porteront sur les femmes le même regard de mâles dominants qu’ils portent sur elles depuis la nuit des temps, rien n’aura changé.

Avec “le Noir (te) vous va si bien”, Jacques Bral sonde l’âme humaine, et l’âme humaine est archaïque, même si elle habite un corps moderne qui sait se servir d’un iPhone et de ses 500 000 applications.

C’est la raison pour laquelle la quête de liberté d’une jeune femme débouche, aujourd’hui encore, sur une tragédie. Si c’est l’esprit archaïque du mâle dominant qui arme la main moderne qui tient l’iPhone, il en sera toujours ainsi.

Sans accuser personne et en adoptant le point de vue de la tragédie grecque, le film de Jacques Bral nous invite à élever le débat au-dessus des réalités de chacun, dans une dimension universelle, commune à toutes les cultures : l’absurdité du comportement humain.

Comme le dit, justement, un des personnages du film : “Et si on se parlait, tout simplement ?” Eh, oui ! Et si l’Orient et l’Occident se parlaient tout simplement ? Les femmes ne seraient plus les victimes de cette incommunicabilité culturelle.

La séquence dans l’épicerie, où les deux pères n’arrivent pas à se parler, visualise avec humour, empreint de tendresse et de tristesse, les difficultés de communication entre l’Occident et l’Orient. Jamais image n’a été reflet plus fidèle et douloureux de la réalité.

S’il est vrai que certaines œuvres d’une portée actuelle et universelle peuvent contribuer à changer le monde, à l’améliorer, en faisant évoluer les mentalités, envers et contre tout, ce film, “Le Noir (te) vous va si bien”, en fait partie.

Il a la fulgurance d’un poème et l’humour de son créateur, dont la part du vécu se retrouve pudiquement dans le déracinement et la double culture des personnages.

Dans “Extérieur, Nuit”, autre grand film de Jacques Bral, les hommes remarquaient que Cora, le personnage féminin, avait une tache dans l’œil, exactement comme Cobra dans “Le Noir (te) vous va si bien”.

Quand est-ce que les hommes remarqueront la poutre qu’ils ont dans leurs propres yeux ?

Giacinto Pizzuti

Interview : Jacques Bral 5/5

SUR LE CINÉMA
propos recueillis par Giacinto Pizzuti

Interview : Jacques Bral 4/5

SUR LES ACTEURS
propos recueillis par Giacinto Pizzuti